Henri Granger
Trois semaines par Henri Granger

Chaque phrase est savamment étudiée, chaque mot est pesé et le tout est un délice littéraire.

Henri Granger manie la plume ou ses plumes avec l'habilité d'un danseur étoile.

On lit chaque combinaison de mot comme on dégusterait un dessert.

C'est une belle introspection de la vie de l'écrivain, de la peur de cette fameuse « page blanche » qui hante tout ceux qui s'attellent de près ou de loin au difficile art de l'écriture.

On découvre la pensée parfois anarchique et en souffrance de l'homme de lettres.

La magnificence des lettres écrites à son épouse, riches de sensualité à la limite de l'érotisme, sont autant d'îlots dans les raisonnements du personnage principal de ce roman.

Les protagonistes ont des caractères à la psychologie bien distinct les uns des autres.

C'est aussi une grande souffrance que nous révèle Henri Granger
Le tourment de tout créateur, les douleurs de l'enfantement sont l'apanage de l'écrivain, du peintre ou du sculpteur.

Car la créativité n'est pas anodine, ni exempt de difficulté.

Le doute, ennemi premier du créatif, celui qui peut vous faire plonger ou au contraire vous aider à rebondir.

L'incertitude, rusée au pelage roux qui s'insinue dans l'esprit et fait barrage au fleuve lisse de l'encre qui s'égare sur la page est très présente dans ces pages.

C'est une vision sans concession du milieu littéraire, des rapport auteurs/éditeurs.

« Trois semaines » (Éditions LC) d'Henri Granger est un bijou de la haute couture littéraire.

L'intrigue y est omniprésente et le dénouement surprenant.

Un très beau roman pour mieux comprendre que lorsque vous lisez un livre, c'est un très long chemin pour qu'il arrive jusqu'à vous.


©Kariane Maxwell, février 2018